Des retombées immédiates du coup de pied dans la fourmilière d'or du Ministre Fuh Calistus Gentry
02 juin 2026EXPLOITATION MINIERE
L’heure de la récréation est terminée dans les brousses de l’Est et les savanes de l’Adamaoua. Longtemps transformé en far-west où l’anarchie servait de loi, le secteur de l’or au Cameroun subit aujourd’hui une thérapie de choc. Sous l’impulsion du Ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique, le gouvernement a décidé de passer le secteur au karcher. L’objectif ? Mettre fin à une hémorragie de ressources qui profitait à une nébuleuse de « chercheurs d'or » aux méthodes opaques.
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Entre fermetures massives, dialogue forcé à l'Est et jackpot fiscal : l'opération d'assainissement ordonnée par le Sommet de l'État redessine la carte minière du Cameroun. Le constat initial faisait froid dans le dos : environ 200 sociétés illégales identifiées à l'Est et dans l'Adamaoua, dont plus de 95 % aux capitaux étrangers, s'engraissaient sur le dos de la République. Des « intermédiaires » véreux avaient carrément réussi le tour de force de transformer de simples permis de recherche en agréments d’exploitation pour créer des structures fictives. Aujourd’hui, ce château de cartes s'effondre. Le Ministre des Mines, de l'Industrie et du Développement Technologique par intérim (ai), Fuh Calistus Gentry, vient d'ailleurs de boucler une visite de travail musclée sur le terrain à l'Est, pour acter la fin de la récréation.
Sur le plan opérationnel, le démantèlement ne se fait pas dans la dentelle. Le Gouvernement a lancé une offensive d’envergure visant la fermeture immédiate des sites illégaux et l’arrêt progressif de toute activité non conforme. Il ne s'agit plus de simples rappels à l'ordre administratifs rédigés depuis les bureaux feutrés de Yaoundé : sur le terrain, on sécurise physiquement les zones d'exploitation et on procède au démantèlement pur et simple des équipements des clandestins. Cette transition vers un système en circuit fermé vise un but clair : sécuriser les recettes de l'État, combattre la contrebande et assécher les canaux illicites qui privent l'économie nationale de ses forces. Face à cette démonstration de fermeté, plusieurs sociétés ont vite compris que le vent avait tourné et se bousculent désormais au portillon pour entamer leur processus de régularisation.
Plus de 1,368 milliards de FCFA dans les caisses du Trésor Public
Pour espérer reprendre la pioche, les conditions sont désormais drastiques. La première barrière est le paiement d'une caution environnementale fixée à 63 000 000 F CFA. Une vingtaine de sociétés ont déjà mis la main à la poche. (22 sociétés déjà engagées). Soit un gain non négligeable qui ont été versés dans les caisses du Tresor Public en moins d’un mois de plus de 1,368 milliards de FCFA. Ensuite, vient la fin du « creusage aveugle ». Le Gouvernement impose désormais le respect des profondeurs : - 10 mètres pour l’exploitation artisanale classique ; - 30 mètres pour l’exploitation artisanale semi-mécanisée. Plus encore, la migration vers un système de traitement du gravier minéralisé en vase clos devient obligatoire après six (06) mois d’exploitation. Finies les cicatrices environnementales béantes et irréversibles laissées au mépris des populations locales.
L'opération d'assainissement n'est pas qu'écologique, elle est éminemment budgétaire. Le fisc n'est pas en reste. L'État exige désormais une transparence totale à travers trois leviers fiscaux et parafiscaux non négociables. : - L’impôt synthétique minier libératoire : 25 % ; - La taxe à l’exportation : 5 % ; - La contribution au Fonds de Développement : 1 %. À cela s'ajoute une exigence de production minimale à atteindre, soit un seuil de 05 kg d’or par mois. La société civile, par une lettre de félicitations au MINMIDT, ne s'y trompe pas : le démantèlement des sociétés fictives était une urgence nationale. Le message est clair : le sous-sol camerounais est ouvert aux investisseurs, mais uniquement à ceux qui acceptent de jouer selon les règles.
Dialogue à l'Est : Entre fermeté et réalités locales
Mais parce qu'on ne gère pas un secteur aussi sensible uniquement à coups de décrets, le récent séjour du Ministre Fuh Calistus Gentry à l'Est a ouvert la porte à de vastes consultations. En présence des autorités administratives locales, le membre du gouvernement s'est assis autour de la table avec les chefs de communautés, les élus locaux et les exploitants minières. Ces réunions sans langue de bois ont servi de déversoir : les communautés ont pu exprimer librement, et sans contrainte, leurs attentes et leurs inquiétudes face à cette reprise en main étatique. Il faut dire la vérité : ces réformes bousculent les habitudes et suscitent de réelles résistances, notamment chez les petits exploitants artisanaux habitués au laisser-aller historique. Face à ces grognes légitimes, le Ministre a dû faire preuve de pédagogie en expliquant la vision à long terme du Chef de l'État : transformer l'or du Cameroun en un levier de développement durable pour les populations locales, et non en un gâteau partagé en cachette.
Le gouvernement a ainsi annoncé que des initiatives de soutien étaient en cours pour accompagner progressivement les acteurs locaux vers ces nouvelles orientations. L'enjeu est de taille : équilibrer la gestion ultra-stricte de nos ressources naturelles sans asphyxier le tissu socio-économique local. Fait assez rare pour être souligné, la société civile est sortie de sa réserve habituelle pour adresser une lettre de félicitations officielle au MINMIDT. Les acteurs de terrain saluent ce grand nettoyage qui met hors d'état de nuire les sociétés fictives et les pilleurs de l'ombre. La descente sur le terrain à l'Est s'est achevée dans un esprit de dialogue constructif. Le message de Yaoundé est désormais limpide : le sous-sol camerounais reste une terre d'opportunités pour les investisseurs, mais uniquement pour ceux qui acceptent de respecter les règles du jeu. Pour les flibustiers de l'or noir et jaune, les pistes de l'Est sont devenues bien trop glissantes. Le Canard reste aux aguets, et l'État, cette fois, frappe fort.
Mathieu Nathanaël NJOG
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